Portrait de Reynaldo Villalba, l’avocat du sénateur Ivan Cepeda, à l’origine de l’assignation à résidence de l’ex-président Alvaro Uribe en août dernier

Comme nous vous en parlions dans notre précédent bulletin, en août 2020, l'ancien président colombien Álvaro Uribe Vélez a été placé en résidence surveillée par la Cour suprême pour fraude au procès et corruption de témoins. Nous revenons ici sur cet événement hors du commun en vous proposant un portrait de l'avocat Reynaldo Villalba, qui assistait le sénateur Ivan Cepeda.

En ce moment, l’avocat Reynaldo Villalba a plusieurs raisons d’être content de son travail. Dans un verdict sans précédent, la Cour Suprême de Justice a imposé une assignation à résidence à l’ancien président et sénateur Álvaro Uribe Vélez, pour des faits de présomption d’achat de témoins, faits qui ont été dénoncés par le sénateur Ivan Cepeda, anciennement accompagné par PBI et représenté par l’avocat Reynaldo Villalba.

Ce dernier, âgé de 61 ans, a passé plus de trente ans de sa carrière à défendre et représenter les victimes de graves violations des droits humains et des personnes reconnues comme défenseures des droits humains. Après ses études de droit, il a rejoint le Colectivo de Abogados Jose Alvear Restrepo, en abrégé CCAJAR, pour défendre les victimes du conflit armé et demander plus de justice.

Cette année a éclaté le scandale des « dossiers de l’armée », où, une fois de plus, ont été mises en évidence des preuves d’écoutes clandestines et illégales de certaines factions d’espionnage de l’armée: en mai 2020, la revue politique colombienne Semana a révélé qu’au cours de l’année 2019, les activités de 130 journalistes, opposants politiques, syndicalistes et défenseurs des droits humains, entre autres des membres du CCAJAR, ont été la cible de l’espionnage cybernétique. Pour Reynaldo Villalba, ce n'est pas une surprise : cela fait plus de 40 ans que le CCAJAR travaille pour la justice et la vérité, accompagnant les victimes du conflit armé et cela fait 40 ans qu’ils sont victimes de persécution politique. Pour l’avocat, ces écoutes illégales visent à connaître les cas qu’ils défendent, les personnes qui dénoncent et les preuves qu’ils ont en leur possession. Cela génère parfois encore plus de doutes et freine les plaintes des victimes et les processus judiciaires.

Alors que l’accord de paix entre l’ex-guérilla des FARC et le gouvernement colombien a été signé depuis bientôt quatre ans, le pays continue de compter ses morts : plus de 6OO leaders communautaires et défenseurs des droits humains ont été assassinés. La  lutte est constante pour la justice et l’établissement de la vérité, dans un conflit qui a laissé plus de 7 millions de victimes.
Beaucoup de chemin reste à parcourir et de vérités à découvrir. Mais la reconnaissance du rôle joué par Alvaro Uribe Vélez, qui a été président de la Colombie entre 2002 et 2010 (années où la violence a atteint des niveaux très élevés), constitue un petit pas vers la justice. Pour que ce mouvement se poursuive, il est important de continuer à faire connaître et protéger le travail réalisé par des défenseur(e)s des droits humains et de grands avocats comme Reynaldo Villalba.

Nathalie Bienfait